Avant les notes de musique, il y avait les Neumes

De l’Antiquité Grecque au Moyen-Âge, on pensait qu’il était impossible d’écrire la musique. C’est l’’évêque Isidore de Séville qui l’affirma au VIIème siècle, en 625.

Un peu plus tard, au IXème siècle sont apparus les premiers symboles musicaux, les neumes. C’est la première notation musicale connue. Les neumes sont composés de 1 à 4 notes, représentées par des symboles comme un accent, une virgule ou un point. Ils n’expriment pas la durée mais uniquement la hauteur des sons. En tout cas, on ne peut pas en déduire non plus le nom des notes de musique. Écrits sur une portée de 4 lignes, les Neumes accompagnent systématiquement le texte à chanter.

Cette notion s’accompagnait déjà de quelques symboles pour donner quelques explications pour guider le chant : une note plus longue ou plus courte se caractérisait respectivement par un point ou un carré plus petit placé au-dessus de la note. Il y avait aussi des symboles pour indiquer la respiration ou les silences à observer.

Les Neumes ne permettaient pas de connaitre la mélodie, il fallait la connaitre. On voit toutefois les prémisses de la notation musicale d’aujourd’hui. Les noms des notes de musique ne sont apparus qu’au XIème siècle.

Le nom des notes de musique : Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, et Si

Depuis les Grecs, les noms des notes de musique étaient les premières lettres de l’alphabet : A, B, C, D, E, F et G. Au XIème siècle, en 1028, un moine bénédictin Italien, Guido d’Arezzo, a voulu donner un autre nom aux notes pour aider à la mémorisation.

En effet, il enseignait le chant ecclésiastique à ses élèves et il n’y avait pour ainsi dire aucune méthode. Il lui a semblé plus facile de retenir les notes et les intervalles en donnant des noms plus simples à prononcer. L’idée est simple et très efficace. Sa méthode d’apprentissage de la musique et du chant sera connue dans toute l’Italie.

Pour donner un nom aux notes, Il s’est inspiré d’un poème, l’Hymne à St Jean Baptiste en prenant les premières syllabes de chaque vers :

Utqueant laxis
Resonare fibris
Mira gestorum
Famuli tuorum
Solve polluti
Labii reatum
Sancte Ionaes

A noter que la gamme de Guido d’Arrezzo ne contenait que 6 notes, allant de Ut à La. Le « Si » apparait bien plus tard, au XVIème siècle. Enfin, au XVIIème siècle, on a jugé que Ut n’était pas facile à prononcer et c’est ainsi que le Do est apparu. En revanche, Ut est resté

La naissance du Solfège

Si Charlemagne a eu cette idée folle d’inventer l’école, alors on peut dire que Guido D’arrezzo a eu cette idée folle d’inventer le Solfège. Théoricien de la musique, il a posé les bases de la théorie musicale telle qu’on la connait aujourd’hui en développant notamment l’écriture des notes, en prenant en compte la hauteur.

Il a donné des noms aux notes qu’il a placées sur une portée toujours de 4 lignes. La position des notes sur la portée est donc précisée et a un sens. Les notes sont carrées et ce n’est qu’avec l’apparition de l’imprimerie qu’elles vont s’arrondir.

Désormais, à chaque fois que vous direz le nom des notes de musique, de Do à Si, vous penserez forcément à ce moine qui a révolutionné et facilité l’apprentissage de la musique.

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